Tribune : comment la jeunesse peut rebâtir l’Union européenne ?

Europhonica accorde une tribune à Vincent Venus et les Jeunes Européens à l’initiative de la Convention Européenne de la Jeunesse (EYC), un rassemblement qui aura lieu en mars prochain à Strasbourg.

L’organisation jeunesse euro-fédéraliste souhaite initier un mouvement porté par la jeunesse démocrate et euro-citoyenne. L’avenir de l’Union Européenne est-il entre les mains de la jeunesse ? C’est ce que Vincent Venus veut défendre.

L’Union européenne est en panne et a besoin d’une solution urgente, avant que ses ennemis n’aient été élus aux postes de pouvoir dans les gouvernements. Puisque les dirigeants européens et nationaux ont trop peur de s’attaquer aux problèmes fondamentaux de l’Union européenne, la jeunesse doit montrer le chemin.

L’état de l’Union européenne en 2017 est comme un immeuble collectif bâti sur de mauvaises fondations : Au début, tous les membres de la communauté ont emménagé avec enthousiasme et ont profité de tous les avantages de vivre à plusieurs en partageant les responsabilités. Mais dès que des fissures sont apparues, la mauvaise qualité de la construction est devenue évidente. Un des colocataires a déjà déménagé, d’autres menacent de faire de même et alors que la majorité des occupants sont incapables de trouver un accord pour rénover la maison, les rats en rongent les fondations.

Bien sûr, plusieurs explications permettent de comprendre pourquoi l’Union européenne n’arrive pas à être à la hauteur de ses promesses. Mais c’est avant tout à cause de ses mauvaises fondations, et trois exemples suffisent à le démontrer :

– Les citoyens ordinaires (y compris de nombreux journalistes) ne comprennent pas comment l’Union européenne fonctionne. En effet, ses concepteurs se sont assurés de tout organiser d’une manière différente de celle des États-nations pour ensuite s’excuser du désordre en utilisant l’expression “sui generis”, qui renvoie au fait que chaque pays a des caractéristiques spécifiques.
– Les décideurs au niveau européen agissent souvent contre les intérêts de l’Union européenne, car ils sont élus par des électeurs d’un seul pays et ne doivent rendre compte qu’aux électeurs de leur pays.
– Les puissances étrangères peuvent diviser l’Europe pour mieux y régner, et ce à plusieurs niveaux, car chacun des États-nations a toujours une politique étrangère qui lui est propre.

La droite comme la gauche utilisent ces exemples pour prédire la destruction de l’Union européenne, et un nombre croissant de citoyens sont à leur écoute. Le risque est qu’à terme, ils parviennent à convaincre la majorité de la population de l’échec de l’Union européenne.
Ainsi, nous qui sommes en faveur de l’intégration européenne avons l’obligation de créer un avenir positif pour l’Europe. Notre promesse : une Union européenne refondée sera à même de servir ses citoyens.
Plusieurs scenarii sont envisageables, mais un seul d’entre eux s’attaque aux failles fondamentales de l’Union européenne :
– Inviter à une Convention tous les États membres de l’Union européenne qui sont en faveur d’une intégration plus poussée.
– Laisser les représentants du monde politique et de la société civile élaborer une constitution qui donnerait à cette nouvelle Union européenne la capacité d’améliorer la vie de ses citoyens.
– Impliquer les citoyens dans le processus, pour ensuite leur demander s’ils préfèrent une Union européenne refondée, plus démocratique et plus puissante – ou l’ancienne, celle en panne (un tel référendum pourrait être organisé à l’occasion des élections du Parlement européen de 2019).
Différents penseurs ont réclamé une Convention européenne, tels le philosophe Jürgen Habermas, l’Euro-rebelle Yanis Varoufakis, l’économiste Thomas Piketty ou encore l’eurodéputée fédéraliste Sylvie Goulard.
Malheureusement, les décideurs manquent de courage. Bien sûr, ils peuvent se permettre de continuer à ne rien faire puisque l’Europe ne s’écroulera probablement pas avant la fin de leur mandat et que de belles années de retraite aux frais du contribuable les attendent au soleil dans le sud de l’Europe.

Cependant, nous, la jeunesse, ne pouvons pas nous permettre d’attendre. Tôt ou tard une Union européenne fragilisée permettra à ses ennemis d’être élus au sein des gouvernements – et il ne restera alors plus d’Europe où passer notre propre retraite au soleil !
Nous avons le devoir de refonder l’Union européenne. Et tant que nous ne serons pas au pouvoir, nous devons faire pression sur ceux qui y sont. La meilleure manière, c’est de prouver qu’une Convention européenne est faisable.
Pour ce faire, les Jeunes Européens Fédéralistes, la plus grande organisation pro-européenne de jeunesse, a invité les représentants de diverses ONG de jeunesse à la Convention Européenne de la Jeunesse (CEJ) à Strasbourg. Du 9 au 12 mars 2017, ils travailleront d’arrache-pied pour repérer les endroits où l’Union européenne devrait changer, définir comment elle devrait changer et élire ceux qui feront pression pour ce changement : les Ambassadeurs de la CEJ.
Tous ensemble, ces représentants de la jeunesse feront de Strasbourg le berceau de la génération fondatrice d’une Europe meilleure.

 

Infos:
Les représentants des ONG démocratiques de jeunesse peuvent déposer leur candidature sur le site web de la Convention Européenne de la Jeunesse (link to www.youthconvention.eu). Tous les types d’ONG de jeunesse sont invités à candidater, y compris les groupes apolitiques, les syndicats, les organisations sociales et religieuses, etc. Les frais de participation s’élèvent seulement à 40€. Ils incluent l’hébergement sur place, la plupart des repas ainsi que le remboursement des frais de transport jusqu’à 100€.